La vérité de virus H5N1 créé en laboratoire
Des chercheurs néerlandais, dirigés par Ron Fouchier, cherchaient à publier l’intégralité de leurs résultats sur l'obtention au laboratoire d'un virus H5N1 de la grippe aviaire hautement contagieux chez des furets et avec un taux de mortalité de près de 60 %...
Les ministres de la Santé de plusieurs pays se sont même réunis à Paris le 9 décembre pour évaluer les risques, préconisant une extrême prudence face à ce tueur potentiel. Une dizaine de jours plus tard c’est le Bureau national américain de la science pour la biosécurité (NSABB) qui demandait aux revues les plus prestigieuses, Science et Nature, de ne pas dévoiler l’intégralité de l’étude, réservant les parties les plus sensibles du protocole expérimental et des résultats aux chercheurs spécialisés, par peur de bioterrorisme. Cependant, la décision revient aux journaux puisque l’instance n’a pas le pouvoir d’empêcher la parution de l’information. D’un commun accord avec les autorités, ils ont accepté de ne pas tout dévoiler
Virus H5N1 dévastateur : avancée scientifique ou bioterroriste ?
Lorsqu’un chercheur évoque ses travaux au grand public, la question qui revient systématiquement est « à quoi ça sert ? ». Quel est donc l’intérêt de créer un virus potentiellement dévastateur ?
Les scientifiques du monde entier pourraient alors mieux comprendre quelles sont les signatures spécifiques qui rendent possible ce haut niveau de contagion et voir si on les retrouve dans d’autres virus. « Étudier plus précisément ces acides aminés particuliers est l’une des clés de la compréhension. Alors, nous pourrions sonner l’alarme au bon moment, et non de manière un peu approximative dès qu’on suspecte qu’une pandémie pourrait se produire. »
Oui mais voilà, ces informations contenues dans la publication ont un caractère plus sensible que ce que l’on trouve habituellement dans ce genre de revue. L’idée proposée est alors de ne fournir les éléments clés qu'aux seuls scientifiques agréés. « Le protocole, même s'il n'a été expliqué que partiellement lors du rendez-vous mondial des spécialistes de la grippe à Malte en septembre dernier, a été rendu public puisqu’il a été exposé devant un parterre de scientifiques et de journalistes. Par exemple, j’ai suffisamment de données pour tenter de reproduire l’expérience. » Des personnes mal intentionnées pourraient-elles également recréer le virus ?
Recréer le hasard est peu probable
Le problème est en réalité plus complexe qu’il n’y paraît à première lecture. Ron Fouchier et son équipe ont en fait passé et repassé le virus de la grippe dans des furets jusqu’à ce qu’il devienne hautement contagieux suite aux mutations qui l’ont affecté durant ses différents passages dans le corps de l’animal. « Cet aboutissement, c’est un peu le fruit du hasard. Si l’on essaie de réitérer l’expérience en laboratoire, cela peut prendre 15 jours avant d’y parvenir… ou 15 ans. Si on y arrive un jour. »









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